L'artiste angevin Gérard Bertrand est l'invité du prestigieux institut de Berlin-Brandebourg. Pour un hommage à Kafka.


La revue internationale " Eyemazing " a consacré à l'Angevin Gérard Bertrand, un artiste hors normes, un dossier largement illustré par quelques-unes de ses œuvres.Des œuvres magiques qui renvoient à la fois aux premiers temps de la photographie en noir et blanc ou sépia, au montages et collages surréalistes les plus aboutis , mais aussi à la littérature européenne d'avant le temps où l'Europe n'était déjà plus qu'une idée pour géopoliticiens en manque de peps.De nombreux internautes de tous pays visitent le site créé par Gérard Bertrand sur internet pour offrir ses travaux à la vue des passionnés d'images.Les moteurs de recherche ouvrent des pages que l'Institut berlinois pour la coopération franco-allemande en Europe a trouvé suffisamment belles pour inviter l'artiste, jusqu'ici méconnu , à exposer pendant trois jours dans le cadre d'un évènement international et d'un colloque consacrés en ce moment à …Kafka.L'artiste angevin a en effet consacré une série de travaux photographiques à l'auteur.Il l'a présenté à l'écrivain Julien Gracq chez lui , à Saint-Florent-Le-Vieil, avec la complicité d'un ami commun , également artiste que Gracq lui-même a rebaptisé " Poncaral ".

 

Une seconde vie

Gérard Bertrand a été l'invité du groupe de recherche artistique contemporain, le GRAC, auquel appartiennent justement Poncaral, mais aussi Louis Harel. Auparavant enseignant en lettres, Gérard Bertrand est entré dans une seconde vie d'artiste. Pour réaliser ses dernières compositions, il a entièrement relu Proust. Il s'est aussi rendu à Illiers-Combray, près de Chartres pour visiter la maison dela tante Léonie.Et il a détouré des photos d'époque de Marcel Proust pour l'installer dans ses images. Parfois, il triche un peu comme lorsqu'il installe Proust avec Dreyfus à la terrasse de chez Drumont, café parisien tels que Zola aurait pu les photographier.Dans le salon littéraire de Madame Verdurin , à la guerre, dans la salle à manger de Georges Sand où Freud, Proust, Duchamp, Einstein, Joyce sont assis ensemble , Gérard Bertrand refait le monde à sa façon, onirique et tendre. L'art est ici la recomposition historique d'un imaginaire. Celui d'un ancien professeur épris de beauté stylistique et d'images dans lesquelles il lui arrive de se mettre en scène. On vous laisse deviner où !L'artiste angevin ne manque en effet pas d'humour. Il cite Tristan Tzara : " Saint-John Perse, mais il a mis longtemps ", …dit-il en souriant.

Christophe Journet
Un article de Christophe Journet, avril 2006